Friday, March 9, 2012

Les Maisons V et VI en astrologie


La Maison V
ou le mystère de la création...
© Roland LEGRAND – mars 2012

Dans l'ordre des Maisons, à partir de l'ascendant, la cinquième est encore "sous l'horizon" du thème. C'est à dire qu'elle est placée dans sa zone nocturne,  étroitement liée au Moi tel que le natif le perçoit, le conçoit et le façonne au fur et à mesure de son développement. La vie étant constituée d'une suite de manifestations plus ou moins agréables, la suite des six premières Maisons d'un thème est significative de l'enchevêtrement complexe des forces vitales qui permet l'évolution intime de l'être et, par extension, son épanouissement dans le monde qui l'entoure.

La Maison V ne fait pas suite à la IV par hasard. Cette loi arithmétique engendre des valeurs symboliques qui se complètent. La Maison IV représente la famille, les racines, l'hérédité, la mère, le patrimoine, etc. Ces notions permettent à l'individu de se développer dans un milieu "ami", dans un nid plus ou moins douillet et protecteur. Là, il va pouvoir mettre à l'épreuve ses tendances latentes et autres potentiels représentés par les premières Maisons de son thème.

Après s'être "battu" pour naître (Ascendant) le voilà au contact d'un nouveau monde, d'une nouvelle atmosphère (Maison II). C'est à ce premier contact avec la matière qu'il réagit par des cris, des pleurs (Maison III). A partir de ce moment, si le corps médical considère qu'il est "normal", aucune complication n'étant plus à craindre, on le présente à sa maman (Maison IV). Sa réaction sera d'autant plus forte et plaisante que tout s'est bien passé et que sa maman le désirait. Il entre alors dans la Maison V, recevant tout l'amour dont il a besoin en réagissant de façon chaleureuse, s'endormant en toute confiance sur le sein de celle qui l'a porté et attendu pendant de longs mois.

Plus tard, le développement des rapports avec son entourage poussera l'enfant à se poser des questions sur son existence même. Il se demandera d'où il vient et comment il a été créé, passant par le ventre de sa maman avant de se retrouver dans son lit, dans sa chambre, dans sa maison, dans sa ville, dans son pays et, pour finir, sur cette planète. Ayant été créé "de toutes pièces" par ses parents, il ressent le besoin de les imiter pour s'identifier à la toute puissante intelligence de l'être humain. C'est alors qu'il commence à dessiner, à construire, à inventer des jeux ou des histoires et à s'initier au plaisir de l'approbation émanant de son entourage absolument "ébahi" devant ses "œuvres d'art"...

Les facultés de créations sont directement dérivées des facteurs représentés par les quatre Maisons précédentes. En effet, on crée toujours selon soi (Maison I), selon ses affinités avec la matière (Maison II), selon son intelligence et sa réceptivité (maison III) et selon la qualité du milieu familial dans lequel on évolue (Maison IV). En astrologie donc, cette Maison V montre comment l'enfant, puis l'adulte, s'y prend pour perpétrer le principe fondamental essentiel à la survie et l'évolution de la race des terriens. Pour y parvenir, de multiples moyens sont mis en œuvre depuis la nuit des temps. Des dessins gravés maladroitement dans la pierre en passant par les peintures retrouvés sur les murs de certaines grottes, jusqu’aux chefs-d’œuvre que nous admirons dans les musées et galeries d’art, il existe une infinité de supports à la création.

L'ART, ce mot qui devrait rimer avec AMOUR est bien le plus beau médium pour l'expression "platonique" de ce sentiment noble. La Maison V représente donc l'amour et la façon dont le natif le conçoit et le partage. Le manque d'amour conduit souvent à la recherche de compensations telles que la nourriture, les plaisirs de la chair ou le jeu. Ne dit-on pas "malheureux au jeu, heureux en amour"?... La Maison V représente effectivement le facteur chance et l'attrait du natif pour les jeux de hasard ainsi que pour tous les autres plaisirs terrestres.

L'essence même du mot "création" provient donc du mystère de la naissance, l'être ayant été créé  peut lui-même créé à son tour. Ainsi, la Maison V représente les capacités de procréation du natif et la façon dont il envisage les rapports avec ses enfants ou avec les enfants en général. Elle donne, enfin, des indications sur l'enfance du natif et ce qu'il en résulte à l'âge adulte.

Toute position planétaire dans ce secteur du thème amplifie ou réduit la créativité d’une façon plus ou moins flagrante.

Le Soleil est le maître « naturel » de la Maison V, associée au cinquième signe, le Lion. Sa présence ici augmente la créativité et tout ce qui donne à la vie l’éclat et l’intérêt pour tout ce qui est beau et lumineux.

La Lune, fait intervenir l’émotionnel en accentuant la créativité et le besoin d’amour, qui s’exprime souvent vis-à-vis de la famille ou des enfants.

Mercure produit une intensification du besoin de communiquer en s’exprimant de façon créative et en s’appuyant sur l’affectif pour étayer le raisonnement intellectuel.

Vénus intensifie les capacités de création et l’amour de l’art, autant que l’attrait pour tout ce qui déclenche des réactions affectives fortes.

Mars rend très intense dans ce secteur du thème. La compétitivité devient l’outil de la réussite et produit des moments très forts, au cours desquels la passion l’emporte sur le raisonnement rationnel.

Jupiter augmente le facteur chance et la disponibilité aux autres, par besoin d’amour et d’approbation, autant que de reconnaissance matérielle.

Saturne peut freiner les capacités de création ou de procréation, mais il confère de la stabilité aux sentiments et de constance dans les efforts pour d’imposer par le travail et la ténacité.

Uranus augmente l’originalité créative, tout en produisant des changements soudains dans la vie sentimentale, découlant souvent d’une recherche constante des stimuli les plus variés.

Neptune donne à l’inspiration tout l’intérêt que lui porte les plus grands artistes, qui s’appuient sur le ressenti pour transmettre les messages subliminaux reçus de l’astral qui les entoure. Le lien avec le divin est à l’origine des plus belles œuvres et des plus beaux desseins.

Quant à Pluton, il introduit dans ce secteur astrologique, l’élément destructeur et régénérateur dont l’artiste se serte alors pour briser sa sculpture, déchirer sa partition ou brûler ses toiles. Parfois, cet astre indique des souffrances affectives profondes, dont la plus terrible serait la perte d’un enfant…

Après avoir découvert ses qualités intimes et ses talents innés, l’être doit se prendre en charge en s’appuyant sur la Maison V pour réussir dans la vie. Le travail et les efforts fournis comptent pour une très large part dans le succès que l’on convoite tous plus ou moins. Comme disait un grand artiste (Louis Jouvet, je crois) « la réussite, c’est 10% de création et 90% de transpiration ». L’analyse de la Maison VI va nous éclairer sur ce point, comme vous pourrez le lire ci-après.


La Maison VI
« Le travail, c’est la santé »
Par Roland LEGRAND


Il semble logique d'associer le travail et la santé. En effet, lorsque la santé défaille cela entraîne généralement un arrêt de travail. Inversement, lorsque la vie professionnelle pose des problèmes, des répercussions sur la santé sont souvent constatées.

La Maison VI est le dernier secteur placé sous l'horizon du thème natal, dans la partie nocturne, qui représente l'être dans son intimité, avec ses qualités, ses défauts, ses talents et autres traits déterminants, qui lui permettent de s'identifier à son environnement, à sa famille et à ses proches.

Faisant suite à la Maison V, la sixième maison représente le facteur essentiel permettant à une création de voir le jour : le travail. En effet, cette maison correspond au labeur et aux contraintes que l'on s'impose pour réussir dans la vie en fonction des besoins et des nécessités dérivées des cinq premières maisons du thème, telles qu'elles ont été décrites dans les articles précédents.

L’Ascendant représente le moment de la naissance et, par extension, le moi intime et profond. La Maison II représente le premier contact physique avec la vie à l’extérieur du ventre de la maman et, par extension, les rapports avec la matière en général. La Maison III représente le premier cri, réaction au premier contact avec la matière de la vie et, par extension, la façon d’aborder les rapports humains, la communication et les capacités mentales. La Maison IV représente le premier contact avec la maman, qui détermine ensuite l’évolution de la vie par rapport au concept « famille-foyer-résidence ». La Maison V représente la première réaction affective à ce premier contact avec la maman, hors de son ventre, qui détermine l’évolution de la vie sentimentale et de la créativité. La Maison VI représente aussi la première tétée, et surtout la première vraie réaction intestinale hors du ventre de la maman. L’effort du nouveau-né pour prendre son premier repas est sa première vraie responsabilité pour assumer la survie de son petit corps en quête de croissance aussi bonne que possible.

Toute la vie ensuite, le sens des responsabilités et la capacité au travail autant que l’état de santé général, sont dérivés des sentiments (Maison V), de la famille (Maison IV), de l'éducation (Maison III), des besoins matériels (Maison II) et des besoins personnels (Ascendant). Lorsque l'un ou l'autre de ces domaines est perturbé, la Maison VI en subit les conséquences. Cela s'exprime par des fluctuations du sens des responsabilités, de la capacité au travail et par des défaillances physiologiques diverses.

Par contre, lorsque la vie sentimentale est comblée ou que la créativité est dominante, l'individu est capable de se mettre au travail de toutes ses forces et de façon durable pour accomplir son "œuvre". Il en va de même quand le désir de réussir sur le plan familial est dominant et quand il faut s'imposer par ses connaissances ou assumer les réalités matérielles, en travaillant dur pour s’imposer honorablement. Enfin, lorsque l’on décide d’être tel que l'on est, plutôt que tel que les autres nous perçoivent, l’effort ou le travail personnel est incontournable.

Tout dépend cependant de la motivation. C'est elle qui détermine l'intensité, l'énergie et les efforts fournis pour obtenir satisfaction. Souvent, hélas, la seule motivation qui « marche » est la contrainte. On s'invente alors des raisons de suivre telle ou telle voie, selon des critères de sélection imposés par les besoins personnels, qui dépendent des besoins matériels, des capacités intellectuelles, des responsabilités familiales et de la créativité. Travailler devient une nécessité absolue. Elle motive le choix d'une profession souvent en désaccord avec les potentialités et aptitudes latentes. « Mais il faut bien travailler, entend-on dire, alors, faire ce métier plutôt qu'un autre, peu importe ! Il faut gagner sa vie. »

La maladie a été « inventée » pour extérioriser des frustrations mal gérées, par ignorance ou par faiblesse. Prisonnier d'un système qui repose sur l'éphémère et l'inutile, malheureux ceux qui ont abandonné leurs atouts les plus intimes au profit d'une société dite de consommation sans grand intérêt. Les déséquilibres sociaux, raciaux, religieux et autres, découlent de ce mal-être qui engendre insidieusement l’insécurité dans les esprits. Dans nos société, il faut travailler, "assurer", assumer, faire fructifier, et surtout se protéger de toutes sortes de dangers plus ou moins imaginaires et allègrement colportés par les médias...

Dès le plus jeune âge la santé est à l'origine d'une attention toute particulière de l'entourage. Plus le cas est grave, plus l'attention est grande et soutenue. Il ne faudrait jamais être malade, mais on l'est souvent pour appeler au secours, pour exprimer quelque chose qu'on est incapable de dire avec des mots. Avant d'assumer des responsabilités envers les autres on devrait apprendre à assumer des responsabilités envers soi-même. C'est à dire prendre conscience de son identité (ascendant) de ses besoins matériels (Maison II), de son intelligence (Maison III), de son hérédité (Maison IV) et de ses goûts affectifs ou artistiques (Maison V). A partir de ce moment, la Maison VI développerait son potentiel de façon beaucoup plus positive et constructive. On ne parlerait plus de "travail" péjorativement. On ne parlerait plus des questions de santé en craignant pour la sienne.

Certains peuples dits "primitifs" vivent en harmonie avec ces cinq principes fondamentaux (personnalité, biens, intellect, famille, créativité). Ils ne souffrent d'aucunes maladies. La simplicité de leur vie n'est pas synonyme d'idiotie mais plutôt de sagesse. L'humain « civilisé » est rarement sage, il est plutôt orgueilleux, vaniteux, conquérant et autoritaire. Ce manque de simplicité est à l’origine de tous les maux, de toutes les maladies et de toutes les guerres...

Dans un thème natal, la Maison VI renseigne sur les tendances latentes prédisposant l'individu à assumer consciencieusement ses responsabilités dans la vie. Par rapport aux autres (travail) et par rapport à lui même (santé). Toute planète située en Maison VI représente une énergie exploitable, qui augmente l’importance de ce secteur dans la vie de la personne concernée. La position du maître de cette Maison et les aspects qui l’impliquent, sont autant d’indices qui permettent de déterminer le chemin vers la réussite, en évitant les écueils, ainsi que les erreurs de jugement et de choix professionnel.

La vie est un engrenage dans lequel on se sent parfois prisonnier. Il faut apprendre à maîtriser ses rouages pour en contrôler les mouvements. A partir de la Maison I et jusqu'à la Maison VI, s'inscrivent les bases profondes de la destinée. De ces six premières Maisons découlent les six autres qui représentent l'individu "transposé" dans la société. C'est sur elles que repose le destin tout entier... Le prochain article traitera de la Maison VII, première des six Maisons dites « diurnes ». 

No comments: